Charles CAMBON

 

Le grand Baryton français, Charles Cambon, surnommé « l’Empereur », a maintes fois été le sujet de l’émission radiophonique d’Henri Jacqueton, « Les grandes voix humaines ».

 

Natif de la région de Béziers dont sont également originaires d’autres bons chanteurs, il est l’illustration-même de cette émission physiologique (selon les critères du Docteur René Grain, Oto-Rhino-Laryngologiste de la Maison Départementale de Nanterre et Ancien Interne de l’Hôpital Prince Albert de Monaco, dans son ouvrage, la « Base physiologique du Chant », Edition « Chez l’auteur »), avec au fil du temps, et tout naturellement, une expansion de sa voix dans l’aigu, sans rien perdre ni de son grave ni de son médium.

 

Ce qui lui a permis, pendant ses 30 années de carrière en tant que pensionnaire de l’Opéra de PARIS, avec pour partenaires, notamment Georges Thill, André Pernet, José Luccioni, d’accéder à tous les rôles de baryton, notamment le Grand Prêtre, Athanaël et Hérode, dans lesquels il n’a jamais été égalé, mais aussi verdiens, (Iago, Luna, Rigoletto, Amonasro),wagnériens (le Hollandais, le Heraut, Frederik de Telramund) et jusqu’à Valentin et Silvio de Paillasse (ce dernier rôle habituellement distribué à des barytons légers parfois spécialistes de la mélodie française) .

Le seul rôle qu’il n’a jamais chanté… étant Figaro car il n’avait pas de voix de fausset.

Par ailleurs, il  était « invité permanent »  du Grand Théâtre du Liceo de Barcelone, faisant également une apparition au Covent Garden.

 

Selon l’un de ses rares disciples et ami qui fut le professeur de Graziella GONZALEZ, à près de 70 ans, il arrivait parfois à Charles CAMBON, assis devant son piano, et pour l’exemple, de soutenir une tessiture de ténor et même, d’émettre un contre-ut, et cela, sans le moindre effort ni la moindre déformation faciale.

 

Et à supposer que ce soient ses « enregistrements radiophoniques qui l'ont finalement rendu célèbre », c'est bien parce que les techniciens appréciaient cette voix d'une qualité exceptionnelle et son homogénéité du grave à l'aigu qui leur facilitait la tâche. (A noter: Hérode à l'âge de 65 ans)

 

 

D’autre part, à supposer que ses talents de comédien aient été limités (d'où les « petits rôles » ainsi qu’il a été écrit, dans lesquels il était inévitablement remarqué quels que soient les rôles-titres), et qui auraient fait obstacle à la carrière internationale à laquelle, effectivement, il pouvait prétendre, c’est bien parce que souffrant d’une blessure de guerre à la jambe. À tel point qu’il a toujours refusé de renouveler ses prestations de Rigoletto et Telramund (Frederik - Lohengrin).

 

Enfin, toujours selon ce même disciple, s’il a refusé de s’expatrier aux États-Unis (comme ce fut le cas de Georges Thill, son ami et partenaire dans Faust, dont les talents de comédien étaient quelque peu limités), c’est bien parce qu’il était aussi un homme d’honneur et de cœur, son Épouse étant devenue non-voyante.

 

Et c'est bien la raison pour laquelle l'homme simple et généreux qu'il  était préférait « les petits rôles » parce que, de son propre aveu, ils lui « permettaient de rentrer le plus tôt possible à (son) domicile »

 

Etant en possession de ses enregistrements depuis les années 1920 (78 tours et 45 tours) qui lui ont été transmis par ce disciple les ayant reçus en héritage, Graziella GONZALEZ ne peut que conseiller de se reporter à YouTube, même si la mise en ligne des 78 tours dégrade la sonorité d’origine.

 

Chacun pourra ainsi découvrir ce grand Baryton français d’exception du 20ème siècle, cette voix à la personnalité telle, et à cette diction sans aucun artifice qui sont le fruit de cette émission parfaitement physiologique, qu’il suffit de quelques mesures pour le reconnaître.

 

https://www.youtube.com/watch?v=3ZpASEydZD8  (enregistrement plus récent et donc de meilleure qualité, plus représentatif de la voix de Charles Cambon)